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Une rentrée à la Marie Jeanne.

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Leym.

Crise d'adolescence : je mords.

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Date d'inscription : 14/08/2011
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MessageSujet: Une rentrée à la Marie Jeanne. Ven 21 Sep - 19:43

Ecole Marie Jeanne, devant le manoir.

Mal au crâne. Cette pensée obnubilait Shey depuis qu'il avait quitté son chez soi. Il avait passé sa
soirée à boire avec des amis et comme d'habitude il ne s'était pas arrêté à temps. C'était leur façon à eux de se dire au revoir. Se séparer bourrés, oublier le chagrin du premier choc, supporter un peu mieux le deuxième choc « non je vais pas le revoir tout de suite... ». Et puis il pensa à son ancien lycée, vieux bâtiments que l'on confondaient avec les administratifs de la ville. C'était plutôt chouette. Mais ici, l'aspect vieillot perdait tout son charme. Le manoir se dressait sur une petite colline, entouré d'arbres et de dépendances plus récentes mais qui imitaient le style campagnard très prisé dans le coin. De l'entrée de la propriété – austère bien que pourvue d'un portail en fer forgé – le jeune homme pouvait déjà se donner une idée de manoir en lui même. Se dressant fièrement ou presque du haut de ses trois étages, criblé de petites fenêtres laissant assurément passer des courants d'air froids l'hiver et flanqué de deux tourelles pour ajouter un peu de magnificence à cette école dissimulée. Les dépendances qui servaient certainement d'habitat aux jeunes gens, étaient disséminées dans tout le parc. Semblable à de petites fermes, elles devaient être pour cinq à six personnes. Shey se plu à croire que les proches du lycée étaient réservées aux plus jeunes...

Dernier regard derrière lui. Il se décida enfin à avancer dans cette allée bordée de chênes et autre arbres qu'il ne saurait reconnaître vers son prochain établissement. Des oiseaux s'égosillaient gaiement, comme si de rien était. Ouais, comme si de rien était. S'en était presque frustrant. En dehors de ces piaillements à répétition, le silence était d'or, pas encore troublé par une horde d'adolescents pour la plupart un peu stone qui étaient largués ici dans l'espoir qu'ils ne finissent pas... Paumés, dans un labo. Puis bon, l'environnement et le manque de bruit le reposait.
Réjouissance de courte duré : chargés de tout ce qui lui servirait en tant qu'interne à temps complet, il se planta devant l'imposant porte en bois, hésitant entre prendre ses jambes à son coup et... et demander son chemin dans le mini village ?
-Bon dieu, mais qu'est-ce que je fou ici...
Toujours un peu ailleurs, il opta finalement pour la solution « bon ben j'ouvre la porte et qui vivra verra ». Porte qui s'ouvrit sur un grand hall uniformément blanc. Blanc, blanc et encore blanc. Quoi que... Non ! Les panneaux d'affichages sont gris et couverts de quelques feuilles polycopiées.
-Je peux vous aider, jeune homme ?
La voix, grave et posée le tira de ses rêveries, ce qui le fit se retourner, sourcils froncés. Le nouveau venu était un homme d'une quarantaine d'année, bien entretenu et classieusement habillé d'un costard cravate qui lui seyait bien.
-Euh.... Impressionné, Shey poursuivit quand même, ben, plutôt oui. J'aimerais savoir comment va se passer cette rentrée spéciale ! Non mais c'est vrai quoi ! On a pas d'emploi du temps ? Et les autres, ils sont où ? J'suis seul ? Y'a pas d'autre personnel ?
Un flot de question sans réponse se répandait dans la pièce neutre. Patient, le proviseur puise que c'était lui le laissa le questionner pendant encore quelques cinq minutes avant de répondre un brin amusé :
-Elle se passera comme elle se passera. Vois-tu, c'est bien la première année que nous sommes confronter à ce problème. Tu auras un emploie du temps, une petite maison docteur ainsi que des camarades... Quand ceux-ci seront arrivés. Il est donc normal que l'établissement dispose de personnel très discret pour s'occuper de vous...
-D'accord...
L'adolescent ou jeune adulte se tut, attendant les directives de son nouveau ''supérieur''. Celui-ci lui indiqua une des petites maisons et l'abandonna à son triste sort. Tel un robot, Shey quitta le hall, referma la lourde porte et s'assit sur une des marches de pierres. Sincèrement, il espérait que dans les minutes à venir, quelqu'un apparaîtrait pour le sauver de sa solitude.


_________________

Sheïtan ? Non. Je ne suis pas pourri à ce point.
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Echo

Nous sommes là pour vous aider.

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MessageSujet: Re: Une rentrée à la Marie Jeanne. Dim 23 Sep - 15:35

La rentrée. La première depuis quoi, 10 ans peut être? Sauf que cette fois, Echo n'est pas élève. Bibliothécaire. Presque Prof. L'idée l'aurait faite frémir il y a quelques temps encore. Mais voilà. C'est bien payé, nourri logé blanchi comme dit l'expression. Cela dit, c'est pas parce qu'on t'accorde quelque chose qu'il faut pas contester un peu. Tu peut toujours demander plus. C'est un bon principe, dans la vie, il faut juste savoir s'arrêter à temps. Pour Echo, s'arrêter à temps, c'est ne pas demander plus qu'avoir la paix. La Bibliothèque, c'est la sienne, point. Elle décide de ce qui s'y fait et de ce qui ne s'y fait pas. Avec l'accord du Directeur, mais ça, c'est comme qui dirait secondaire. Voilà les conditions d'Echo. Ça, plus la moitié de la dépendance la plus proche de l'école pour elle toute seule. Elle l'aurait bien exigée dans sa totalité, mais sur ce point le directeur s'était montré inflexible : à l'école Marie Jeanne, personne n'est laissé livré à lui même. "Et puis vous verrez, cet hiver lorsque la neige montera presque au niveau du 1er, vous serez bien heureuse d'avoir quelqu'un pour vous tenir compagnie en soirée, plutôt que d’écouter le sifflement du vent et les craquements parfois inquiétants du bâtiment principal". Ça, Echo en doutait. La maison aurait pu être hantée que ça ne l’empêcherait pas de dormir sur ses deux oreilles. Mais bon. Le directeur a parlé. Alors Echo attend l'arrivée d'un colocataire, pour son plus grand bonheur.
Mais dans l'ensemble, elle ne se plaint pas. L'école est plutôt chouette. Du moins son rez de chaussée. Un peu glauque, mais chouette. En fait, ça manque cruellement de vie, pour le moment. A part le directeur et quelques scientifiques pressés, elle n'a encore croisé personne. Alors elle passe ses journées à la bibliothèque, attendant la rentrée des élèves. Pas pour leur compagnie, mais histoire d'avoir un peu de main d'oeuvre. Les cartons entiers de livres qu'elle a commandés ne vont pas se ranger tout seuls, eh!
Voilà ou en est Echo, assise sur l'un des fauteuils inconfortables au possible destinés aux jeunes lecteurs de la bibliothèque, lorsque le Directeur fait irruption dans son domaine. Cet homme calme et modéré d'habitude semble bien excité, pour une fois. Rien de très flagrant, juste ... une petite lueur inhabituelle dans son regard.
-Mademoiselle Lawrence! Vous qui vous plaigniez hier encore de la solitude, voilà que les élèves commencent à arriver.
La Solitude? Echo, se plaindre de la Solitude? La voilà qui retient un rire, non m'sieur le directeur, je m'en plains pas, je trouve juste ça louche, une école sans élèves. Alors Echo se relève, un peu laborieusement, se servant d'un rebord d’étagère, et empoigne sa canne, toujours à portée de main.
-La rentrée tant attendue, hain?
D'un coup, elle se sent moins sure d'elle. C'est vrai que son poste est assez sympa, pas trop de responsabilités, des horaires flexibles, et une paye plus qu'appréciable. Jusque là tout va bien. Mais voilà que les élèves débarquent. Des mômes, des tout bébés pour Echo. Le plus jeune doit avoir quoi? 14 ans à peine? Et ça, Echo ne sait pas gérer. En quelque sorte, ils lui font peur. Les enfants, plus ou moins jeunes, lui font peur. Parce qu'elle n'a jamais été comme eux, et ne les comprendra jamais. Une ombre doit passer sur son visage, puisque le directeur s'en rend compte.
-Tout va bien, Mademoiselle Lawrence?
L'inquiétude dans son regard est réelle. Reprends toi, ou il a croire que tu risques d'en séquestrer un dans la bibliothèque et le disséquer pour savoir comment c'est fait, ces choses là. Echo sourit au directeur, amusée par cette idée, et son assurance habituelle reprend le dessus.
-Bien sur. Je me disais juste que des hordes d’élèves ne vont pas tarder à débarquer, et ... Ca a quelque chose d'effrayant, je trouve.
C'est au tour du directeur de sourire, amusé par les paroles d'Echo.
-Pas de panique, pour le moment, c'est seulement le 1er élève qui vient d'arriver. Et vous savez, cette école est toute nouvelle et relativement ... clandestine. Ne vous attendez pas à trouver ici autant d'étudiants qu'ailleurs.
Elle se sent un peu conne, d'un coup, et rend son sourire au directeur.Une fois encore, elle s'est un peu monté le bourrichon.
-C'est vrai.
Puis elle songe à cet unique élève. Il doit se sentir un peu comme elle, au final. Alors Echo salue le directeur et traîne sa patte morte jusqu'à la porte, se disant qu'elle a meilleur temps de prendre contact maintenant avec cet élève isolé que de se trouver d'un coup face à un troupeau de gamins en folie. Et puis ... elle sait ce que c'est, que de se trouver seul dans un endroit inconnu, dans des circonstances pas forcément agréables. Elle a connu ce vide immense que cela représente. Alors toute clopin clopante, elle sort de la bibliothèque et entre dans le hall.
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Haerith

Crise d'adolescence : je mords.

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MessageSujet: Re: Une rentrée à la Marie Jeanne. Dim 23 Sep - 19:58

Le vent secouait les branches des platanes. Arthur s'efforçait de fixer son attention sur les frêles ramures, malmenées par les bourrasques. La nuit avait été difficile, un cauchemar l'avait assailli, laissé sans défense. Frissonnant autant de froid que de fatigue ou d'inquiétude, l'adolescent crispa ses doigts blancs sur la bretelle de son sac à dos. La rue qu'il parcourait était déserte: hormis lui, personne n'était levé. Arthur avait toujours été matinal, mais cette fois-ci, c'était différent. Alors que le soleil n'était toujours pas apparu à l'horizon, lui s'était déjà habillé, préparé. Il lui avait suffi d'enfiler ses vêtements et sa veste, d'attraper son sac, avant de sortir par la fenêtre de sa chambre. Il avait craint qu'un domestique ne soit réveillé mais, étrangement, son départ n'avait causé aucun problème. Pour dire vrai, Arthur préparait cette escapade depuis des jours, des semaines. Quand cette femme était venue au manoir pour s'entretenir avec ses parents à propos d'une école "spéciale", elle avait été mal reçue. Son père voyait dans l'adjectif "spécial" la difformité, le handicap. La bâtardise. Hors de question donc de faire plaisir à son fils unique, l'héritier de la société, et de l'envoyer dans un pensionnat dont personne ne savait rien!
Pourtant, Arthur savait pertinemment ce que deviendrait sa vie s'il ne se décidait pas à agir. Alors il partait. Seul.
Il aurait pu prévenir sa mère, mais qu'est-ce que cela aurait changé ? Elle l'aimait, mais elle aimait également son mari, ou plutôt: son mari savait quand elle lui cachait quelque-chose. Mieux valait garder cette fuite secrète. Arthur avait réfléchi aux moindres détails, et au fur et à mesure qu'il mettait au point son départ, il avait l'impression de prendre la fuite comme un lâche. Même si, au fond, c'était tout le contraire...

Une bourrasque plus violente que les autres faillit le fit tituber, ce qui le ramena à la réalité. Un carrefour s'ouvrait devant lui. S'arrêtant, il coinça son sac entre ses genoux et en tira une lettre, qu'il déplia avec difficulté. Ses doigts étaient tout engourdis. Pourquoi avait-il l'impression d'être gelé ? Ce n'était qu'à peine le début de l'automne...
Ses yeux rouge de fatigue parcoururent les indications rapidement. Il plaça la lettre entre ses dents, referma son sac et replaça ce dernier sur son épaule. Comme un poids mort. Fourrant la lettre au fond de sa poche, il se remit en route.
Plus il avançait vers sa destination, plus il se sentait démuni. De sa vie, les fois où il avait pu fréquenter des jeunes de son âge se comptaient sur les doigts d'une main. Mr Vandragon jugeait que côtoyer "le peuple" faisait mauvais genre. Depuis qu'il était petit, Arthur avait donc suivi des cours particuliers, avec des précepteurs fades, froids. Sans saveur. Bon élève, il avait toujours fait de son mieux. Par peur de décevoir, peut-être. D'être rejeté. Mais cela avait été inutile. Arthur n'avait personne à qui faire confiance.

Au bout d'une heure de marche, il parvint enfin devant le portail en fer forgé. Ce n'était pas très accueillant, certes. Mais l'imposante bâtisse qui apparaissait au bout de l'allée arborisée était majestueuse. Tout d'abord, Arthur lui trouva un air de ressemblance avec le manoir familial, mais se ravisa vite: sa "maison" était vieille, certaines ailes mal entretenues, ce qui lui conférait une allure austère. En revanche, l'école qu'il avait devant lui venait de toute évidence d'être rénovée. Les joints clairs qui liaient les pierres atténuaient le côté sombre de celles-ci. "Comme le château de Barbie", songea l'adolescent en se rappelant un dessin animé qu'il avait regardé avec sa petite cousine. Le toit n'était pas rose bonbon, heureusement. Malgré ça, Arthur se sentit rassuré: il avait craint un instant de se trouver face à une école de béton, avec du fil barbelé autour de l'enceinte, et des barreaux aux fenêtres, comme on en trouve dans les hôpitaux psychiatriques. Inspirant profondément, il banda ses muscles et poussa le portail, qui s'ouvrit sans un grincement. Il parcourut la longue allée ombragée, respirant le parfum musqué des arbres qui la bordaient. Lentement, il monta les marches du perron, et prit le temps de lisser le devant de son costume avant d'avaler sa salive, et d'entrer.
Le hall était au moins aussi majestueux que le bâtiment en lui-même, c'était certain. Un lustre imposant (du crystal, peut-être ?) répandait sa lumière éclatante dans la pièce. Cette dernière était vide, et Arthur s'inquiéta un instant d'être le premier. Néanmoins, il remarqua deux silhouettes dans un coin, et mit quelques secondes avant de se décider à les rejoindre, incertain de la conduite à tenir. Au manoir, les professeurs l'abordaient eux-même. Comment est-ce que cela se passait, dans la vraie vie ?
La gorge nouée, il serra ses doigts sur la bandoulière de son sac, les rendant plus pâles encore. Les deux silhouettes étaient en vérité une jeune femme, et un adolescent légèrement plus âgé que lui. L'allure de ce dernier inquiéta Arthur. Lui paraissait si "pur", si faible, à côté! Il avait peur, mais il se força à articuler d'une voix tendue:

"Bonjour. Je... je suis un des nouveaux élèves." Il se refusait à admettre son ignorance dès le départ -un reste de fierté, sans doute. Aussi, se contenta-t-il de demander: "Est-ce que vous savez s'ils comptent faire l'appel bientôt ?" Il s'était renseigné un peu, sur internet. Les enseignants accueillaient les élèves dans leur salle de classe, attendaient qu'ils se soient assis, et faisaient l'appel. Arthur s'était raccroché à ce mince détail, pour ne pas perdre le nord. S'il savait que dans cette école, rien ne serait pareil que partout ailleurs, il espérait quand même que les choses resteraient un minimum "normales". Juste un peu.
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